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Connaissances, vérités, erreurs

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Connaissances, vérités, erreurs

Pourquoi rechercher plus de vérités puisque nous pouvons vivre avec quelques connaissances, suffisantes et de caractère relatif ?

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Latest Activity: Aug 2, 2013

Connaissances, vérités, erreurs



Connaissances, vérités, erreurs


"Que s'il s'agit d'unités, d'un homme, d'une journée, d'une maison, ce qui va pour un membre, ils le voient bien, ne va pas pour l'autre ; une chose longtemps autorisée est, d'une heure à l'autre, interdite ; un acte permis ou commandé dans le coin que voici est défendu et puni dans le coin attenant que voilà. Est-ce à dire que la justice change, qu'elle évolue ?
Non, mais les affaires d'un moment qu'elle régit, ne vont pas de pair, et pourquoi ?
Parce que ce sont affaires d'un moment, ...

Pourquoi la vérité engendre-t-elle la haine ? Il est un homme, un homme à toi, qui prêche le vrai. Pourquoi le traitent-ils en ennemi, alors que l'on aime de vivre heureux et que vivre heureux ne consiste qu'en une joie dont la source est la vérité ?
La seule raison, c'est qu'en aimant autre chose, ils aiment ce qui, à leur gré, est la vérité, sans vouloir, comme ils ne veulent pas se tromper, se laisser convaincre qu'ils se trompent." (cf. saint Augustin - Confessions - Livre III 7, 13 ; Livre X, 23, 34),

"Car il ne faut pas se méconnaître, nous sommes automate autant qu’esprit. Et de là vient que l'instrument par lequel la persuasion se fait, n'est pas la seule démonstration. Combien y a-t-il peu de choses démontrées ! "(cf. Blaise Pascal - Pensées - frag. 671).

Observations pertinentes émises par ces grands esprits qui n’avaient cependant qu’un entendement primaire du monde, en regard des connaissances actuelles.
Encore faut-il tirer la quintessence de notre savoir !


--------------------

Il y a presque un siècle, H. Bergson (1859 - 1941) remarquait :
"....pas plus dans les centres supérieurs de l'écorce que dans la moelle, les éléments nerveux ne travaillent en vue de la connaissance : ils ne font qu'esquisser tout d'un coup une pluralité d'actions possibles ou organiser l'une d'elle." (cf. Matière et mémoire - Alcan, 1910).

Comment ne pas sourire aujourd’hui, à la lecture de cette déclaration ?
Les éléments nerveux ne travaillent pas, n'esquissent pas, n'organisent pas.
Ce sont des structures biologiques qui permettent, entre autres :
- de prendre en compte des repères de valeur,
- de transmettre des organisations de processus à effet biologique, de processus à effet comportemental, voire à effet mortifère,
- et d'acquérir les connaissances
nécessaires aux actes de création que requièrent la pérennisation et le développement du phénomène de la vie.
Nuances !

Quant à A.N. Whitehead, il voyait dans la connaissance la symbiose permanente entre deux sources : l'imagination et les expériences vécues, qui participe de notre enracinement cosmique.
A vrai dire, notre enracinement dans l’univers est plus subtil,
- d’une part, en raison du renouvellement continuel des particules qui composent les cellules,
- d'autre part, parce que les connaissances qui émergent de l'état de conscience, sont les fruits d'un vaste ensemble d'activités d’ordre transcendant qui impliquent d'incessantes transmissions d'informations (de "sens") jusqu'au niveau quantique. 

Dès lors, comment ne pas voir en l'homme, un exceptionnel pôle d’activités transcendantes impérieusement nécessaires à la dynamique universelle ?

L'astronome Fred Hoyle ne nous démentirait point :
"Les connaissances actuelles en cosmologie en sont arrivés à suggérer avec assez d'insistance que les situations quotidiennes ne pourraient persister sans les parties éloignées de l'univers, que toutes nos idées d'espace et de géométrie seraient entièrement invalidées, si ces parties éloignées étaient isolées.
Notre expérience quotidienne, même jusque dans ses plus intimes détails, semble être si étroitement intégrée à l'échelle de l'univers qu'il est presque impossible de considérer que les deux domaines (les mondes, inerte et animé) existent séparément" (cf. Frontiers of Astronomy),

des compréhensions que nous exprimons volontiers par l’interrogation réponse :
l’homme n’est-il pas une nécessité divine plutôt qu’un projet spécifique de Dieu sur terre ?!

A propos des informations et des organisations de processus en général, comment ne pas être étonnés en constatant que les philosophes n'ont pas encore répondu, de manière crédible, aux problématiques posées par le "sens" : sa reconnaissance, sa transmission et sa mémorisation ?
Il est vrai que la philosophie est, plus qu'hier, nourrie de concepts, n'hésitons pas à le dire : de plus en plus fumeux, qui lui font perdre une partie de sa crédibilité et de sa noblesse.
Nous pensons notamment à l'"élan vital" proposé par Bergson, à l'expression sartrienne "conscience imageante", à l'auto-pouvoir dévolu à l'imagination par moult penseurs, à la compréhension de l’intentionnalité qui résulterait selon Whitehead de "l'interaction de sentiments primaires", ...

Selon nous,
"… il semble y avoir que deux choses qui soient requises pour être toujours disposé à bien juger :
l’une, que nos connaissances soient, le plus possible, en harmonie avec les comportements du réel,
l'autre, que la mémoire qui permet qu'on se souvienne et qu'on accède à ces connaissances, toutes les fois que l'occasion le requiert, soit fidèle... " (cf. Paraphrase d’une lettre de Descartes à Elisabeth – Egmond, 15 septembre 1645),
cependant,
"... il n'en demeure pas moins que la connaissance consciente a deux extrémités qui se rejoignent :
la première extrémité est la totale ignorance de l'essentiel qu'ont les hommes à la naissance,
la seconde est celle où arrivent les hommes qui, ayant parcouru tout ce que leur intellect permettait de découvrir, trouvent qu'ils savent peu de choses et se rencontrent en cette même ignorance de l'essentiel... " (cf. Paraphrase d’un texte de Blaise Pascal - Pensées - Raison des effets, frag. 77).

Nous ne disposons en effet, d'aucun repère absolu si ce n'est le moment présent qui nous accompagne de la naissance à la mort, et n'accédons qu'à une compréhension extrêmement partielle et relative du monde.
Pourquoi en est-il ainsi ?,
pourquoi l'entendement conscient est-il si pauvre comparé aux connaissances intériorisées impérieusement nécessaires au développement du corps et du phénomène de la vie (par exemple, celles inhérentes aux cellules) ?
Compte tenu du caractère sacrificiel du monde, n'est-ce point en raison de la non-omnipotence de l'entité créatrice d’ordre transcendant, par définition de caractère divin, qui nous anime, qui se reconnaît en nous sous le couvert du moi (je, ego, sujet, esprit) et qui, de toute éternité, est en charge de l’univers ?

Théologiens, en particulier monothéistes, à vos pupitres !

*
L’entendement conscient présuppose bien évidemment des entendements intériorisés, en d’autres termes, l’entendement conscient est l’aboutissement d’une chaîne d’entendements de caractère subordonné.
Ce que nous considérons comme "vrai" est donc composite, recouvrant tout à la fois,

- des vérités primordiales qui, mémorisées au tréfonds de nos cellules, permettent la dynamique des particules, des atomes et de molécules constituant le fondement de notre identité physique ; ce sont des vérités imprescriptibles qui concernent les voies d’évolution immuables de l'inerte.

- des vérités à objectivité forte comme la connaissance de la force de gravitation dont on sait qu’elle ne dépend que de masses et de distances,
et des vérités à objectivité faible comme celles qui ont uniquement fondées sur des hypothèses.

- des vérités suffisantes qui permettent à l'ensemble des êtres d'une même espèce, d'assumer le quotidien.
Par exemple, les vérités suffisantes des abeilles butineuse ne sont guère différentes de celles de leur reine,..., celles du savant demeurent proches de celles du paysan.

Observez que notre notion de vérité suffisante est fort différente du concept : '"épistémé", développé par Michel Foucault, un concept qui fait valoir les codes fondamentaux d'une culture à une époque précise.

- des vérités nécessaires, comme le mensonge argumenté par Platon :
"Si réellement le mensonge est inutile aux Dieux, mais utile aux hommes sous forme de remèdes, il est évident que l’emploi d’un tel remède doit être réservé aux médecins, et que les profanes n’y doivent point toucher" (cf. La République III – 388d, 389d),

commentaire repris par Averroès (1126 ? - 1198) :
"...il sied aux dirigeants de mentir à la masse de la même façon que le médicament sied pour la maladie. Et, de même que le médecin seul donne le médicament, de même celui qui ment à la masse, c’est le roi dans l’exercice de sa royauté.",

et développé par Maïmonide (1138 – 1204) :
"Il faut te pénétrer de ce que nous avons dit sur les croyances : tantôt le commandement inculque une croyance vraie qui est elle-même le seul but, comme par exemple, la croyance à l’unité, à l’éternité et à l’incorporalité de Dieu ; tantôt une croyance nécessaire pour faire cesser la violence réciproque, ou pour acquérir de bonnes mœurs." (cf. Guide).

- des vérités personnelles, souvent fluctuantes, qui associées aux expériences vécues, nourrissent le domaine de l’abstraction et participent des concepts, des idées, des anticipations, ..., et même, sont les expressions du sentiment religieux.

Ainsi, nous disposons de plusieurs types de vérités,
notamment les vérités d’époques et de civilisations, qui souvent, ont été établies par nécessité et parfois, sont invalidées par les sciences.
Ne nous étonnons donc pas que de nombreuses "fausses vérités" subsistent.
D'ailleurs, ces fausses vérités attestent de nos degrés de liberté ?

*
A vrai dire, nous sommes empreints de vérités relatives et suffisantes,
- relatives, puisque par exemple, nous jugeons suivant des antonymes : lent – rapide, …, noir – blanc, …, bien – mal,
- suffisantes car elles permettent de vivre.

Citons ainsi, parmi ces vérités relatives et suffisantes, une des plus emblématiques : la compréhension simpliste et commune de la vision selon laquelle ce sont les yeux qui voient ; de nos jours, c’est l’une des pierres d’achoppement de la philosophie (et de la théologie).
Qu’en est-il en réalité ?

Nous savons que les fréquences des ondes lumineuses sont extrêmement nombreuses, néanmoins les organes visuels ne permettent pas d’apprécier, distinctement, chacune de ces fréquences.
Nous ne reconnaissons que des regroupements de ces ondes.
Ainsi, c’est par le biais d’un processus de regroupement inné plus ou moins "subtil", et par le langage, que nous pouvons reconnaître et dénommer les couleurs.
Plus ou moins subtil car ces regroupements innés ont lieu,
- dans notre rétine à l’aide de seulement trois types de photorécepteurs, chaque type étant "accordé" sur un groupe de fréquences d’ondes (chez les pigeons il y en a quatre, de ce fait les pigeons distinguent mieux les fréquences lumineuses, donc les couleurs, que nous).
- et dans notre cerveau grâce, semble-t-il, à quatre autres types de récepteurs qui permettraient de détecter les spectres des rouge, jaune, vert bleu, et violet (fait révélé par des expérimentations sur de très jeunes enfants).

Précisions complémentaires,
- les récepteurs biologiques ne captent pas une fréquence unique mais une fréquence à laquelle demeurent associées d’autres fréquences, souvent de plus faible amplitude.
Nous comprenons mieux ainsi, pourquoi nous pouvons voir toute une gamme de couleurs comme celles de l’arc-en-ciel.
- la perception par les yeux impose de parfaire la structuration du cerveau après la naissance, à l’aide des premières expériences vécues ; rappelons que le bébé de l’homme ne commence à avoir conscience de lui-même qu’à l’âge de quelque vingt mois.

En conséquence, certes en premières analyse, nous pouvons dire que la lumière naturelle provient d’un mélange de sept couleurs : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé et rouge, mais en réalité il s’agit d’un mélange d’ondes électromagnétiques diverses.
En outre, pour qu'il y ait reconnaissance des couleurs il convient impérativement que les caractéristiques de ces ondes électromagnétiques soient différentiées et interprétées suivant des critères de valeur communs à notre espèce.

Plus précisément, la reconnaissance des couleurs nécessite l'intervention (l’implication) d'une seule entité créatrice capable de transcender leurs ondes électromagnétiques afin de pouvoir les différencier et les juger selon des références de valeur.
La compréhension des processus de vision conduit donc à de nouvelles vérités qui complètent des vérités scientifiques actuelles.
Insistons davantage.

Pour conforter ce point de vue, il n'est nul besoins de connaître toutes les nombreuses théories sur les ondes et les rayonnements, qui, de plus en plus ésotériques, furent proposées par Descartes (1596 - 1650), Huygens (1629 - 1695), Newton (1642 - 1727), Young (1773 - 1829), Fresnel (1788 - 1827), ..., Maxwell (1831 - 1879), Broglie (1892 - 1987), ...
Il suffit de s’interroger à propos des causes primordiales de quelques expériences, au demeurant, banales.

Par exemple, nous savons que lorsque l’on fait tourner rapidement un disque divisé en secteurs sur lesquels sont respectivement peintes les couleurs de l'arc-en-ciel, nous voyons ce disque blanc.
Pourquoi cela ?
Est-ce l’œil qui fait le mélange des couleurs, comme cela est dit couramment ?
Evidemment non.
L'œil n'est pas un opérateur.
L’œil est une structure biophysique (biologique) qui, avec des nerfs, permet la transmission de perceptions visuelles au cerveau
afin que celles-ci soient reconnues et interprétées, par une entité opératrice qui les transcende ; néanmoins lorsque ces perceptions, ces couleurs, défilent trop rapidement, cette entité ne peut pas les différencier.

La toupie de Maxwell sur laquelle figurent uniquement le rouge, le vert, et le bleu, est tout aussi riche d'enseignements.
Elle montre que l'on peut recréer toutes les couleurs visibles en modifiant les intensités relatives de ces trois couleurs fondamentales, un fait appliqué en vidéo.

Cette toupie permet également de mettre en évidence la persistance rétinienne ; il s’agit d’un processus spécifique de mémorisation associé aux organes de vision,
un processus qui bien évidemment, n'est géré ni par les yeux, ni par le cerveau !

Ainsi, ces expériences, bien qu'extrêmement simples, révèlent que les yeux, à l'instar des télescopes, des microscopes, des appareils photographiques, des fibres optiques, ..., ne permettent qu'un traitement physique de l'information, préalable à d'impérieuses activités transcendantes de reconnaissance et d'interprétation.

Elles montrent en outre, que des ondes électromagnétiques sont des vecteurs primordiaux du sens,
et nous conduisent à reconsidérer nombre d'attendus scientifiques, par exemple :

"La banque de données que représente l'ADN ne peut fonctionner que s'il y a des acteurs cellulaires capables de reconnaître des régions spécifiques de la double hélice et d'interagir avec elles. En fait, l'existence même d'un système comme celui de l'expression génétique dépend de la capacité des protéines à reconnaître certaines portions délimitées de la molécule d'ADN, à s'y attacher et à initier à leur niveau, la transcription du gène adjacent....
Le parfait ajustement de l'une des structures les plus fondamentales des protéines au grand sillon de l'ADN facilite considérablement la reconnaissance de l'ADN par ces molécules, parce que ces dernières peuvent ainsi accéder de façon intime aux séquences de base de l'ADN ....,
une protéine ne peut pas voir réellement une séquence d'ADN ; elle doit la sentir à la façon dont un aveugle lit un texte en Braille....." (cf. L'évolution a-t-elle un sens ? – M Denton).

Evidemment, les protéines n’ont aucunement la capacité de reconnaître des portions d’ADN, ... et de sentir.
Ces facultés sont propres à l'entité créatrice, maître du "sens", qui, en tout être, utilise des protéines
et a notamment,
- le pouvoir de mémoriser le patrimoine génétique à l'aide d'arrangements de quatre molécules azotées (Adénine, Cytosine, Guanine et Thymine),
- la capacité de procéder à ces arrangements en respectant des chronologies rigoureuses,
- et les moyens de diffuser, en permanence, des myriades d'organisations de processus à effet biologique, de processus à effet comportemental, voire à effet mortifère, dans l'ensemble des organes.

Gardons nous donc du réductionnisme et de ses inévitables "fausses vérités" !

*
Karl Popper (1902-1994) imaginait une asymétrie entre la vérité et l'erreur.
Plus précisément, ce philosophe reconnaissait une "dissymétrie structurelle" au sein du bipôle "vérité - erreur",
une dissymétrie qui inciterait à s'intéresser davantage à la vérité.
Rappelons sa démonstration favorite :

"Tous les corbeaux sont noirs, cependant, il est impossible de montrer la vérité d'une telle proposition.
Même si cent, mille, cent mille corbeaux sont noirs, cela ne montrera, jamais, que tous les corbeaux le sont.
Pour cela il faudrait que l'on puisse avoir connaissance de tous les corbeaux ayant existé, existant et à venir ; ce qui est impossible.
En revanche, il suffit d'entrevoir un seul corbeau de couleur autre que noir, pour que la proposition soit caduque, pour que nous soyons certains de sa fausseté, ...
Cette asymétrie consiste donc dans ceci : un ensemble fini d'énoncés de base permettant, s'ils sont vrais, de changer une loi universelle, alors qu'ils ne peuvent en aucun cas vérifier cette même loi.".

Parfait, mais cela ne nous dit rien quant à la méta raison (à la méta intention) qui conduit à rechercher la vérité et à reconnaître sa primauté.

Néanmoins, cette asymétrie montre qu'à chaque instant et en tout être, de mystérieuses incitations (et compréhensions) aident aux choix de repères de valeur, en particulier ceux associés aux vérités suffisantes,
et ce, même si ces vérités ne sont que relatives !

Mystérieusement aussi, la dynamique du réel atteste le respect de directions (du sens) ; les lois universelles et les processus d'évolution en témoignent à souhait.
Pourquoi en est-il ainsi ?
N'est-ce point parce que le respect de directions et du sens, relève d’une impérieuse et universelle nécessité ?
Nous en sommes convaincus.

*
Les évolutions de l’univers dont certaines peuvent être représentées par des lois, présupposent, bien évidemment, des vérités primordiales immuables, notamment celles qui permirent l'apparition et le développement de la vie.
Mais alors, les incessantes recherches de la nouveauté qui ont lieu dans les cellules et qui nécessitent (qui intègrent) des vérités spécifiques, ont-elles uniquement pour objectif l'accroissement de complexité de quelques franges du phénomène de la vie et ce, sur une seule planète ?,
voire, ont-elles comme objectif désormais, la pérennité de l'espèce humaine durant une période ridiculement courte vis-à-vis de l'histoire de notre galaxie ?
L’imaginer frise l'absurde.

En effet,
- d’une part, et nous n’avons cesse de l’argumenter, le phénomène de la vie et l'humain sont des potentialités de l’univers qui peuvent être actualisées (qui peuvent devenir réalité) dès que les conditions d'état d'une planète sont adéquates,
- d’autre part, l'entité créatrice, d’ordre transcendant, qui nous anime et a charge de l'univers, incommensurable chantier à jamais inachevé,
à l'instar de Sisyphe condamné à rouler éternellement une lourde pierre,
est contrainte, en nous, d'œuvrer pour savoir et de chercher pour savoir davantage, en dépit d'inexorables contraintes universelles et de servitudes quotidiennes.
De nombreuses vérités relatives actuelles, notamment scientifiques, sont donc plus que des "croyances parmi d'autres",
ce sont des vérités nécessaires caractéristiques de notre époque.

Bien entendu,
"toute proposition humaine a autant d'autorité que d'autres, si la raison n'en fait la différence",
plus exactement, toute proposition humaine a autant de valeur que d'autres, si des activités raisonnées (la raison n’étant point un opérateur) ne permettent d’en faire la différence,
mais malheureusement,
"Le plus grand et puissant moyen de persuader, et la meilleure touche de vérité, c'est la multitude des années et des croyants ; …. les fois surpassent de tant les sages. "(cf. Pierre Charron. - La sagesse I, 42).

En outre,
"Crois-tu qu'une opinion fausse ait moins de puissance que n'en a la bile sur celui qui a la jaunisse, et le venin sur celui qu'a mordu un chien enragé ? " (cf. Marc-Aurèle - Pensées, Livre sixième).

Oui, nous savons désormais que, les non-vérités, les contre vérités, les erreurs, les incertitudes ont souvent une influence sur les équilibres psychiques et physiques des individus.
Néanmoins, pour quelle raison continue-t-on à croire aux ancestrales vérités invalidées par les sciences ?,
pourquoi de fausses vérités traversent-elles, si aisément, des générations ?

*
Citons à nouveau Descartes :
"… quel être nous imaginerons-nous avoir été produit par ce souverain Créateur de toute chose, qui ne soit parfait et entièrement achevé en toutes ses parties ? Et certes il n'y a point de doute que Dieu n'ait pu me créer tel que je ne me trompasse jamais ; il est certain aussi qu'il veut toujours ce qu'il y a de meilleur ; m'est-il donc plus avantageux de faillir que de ne point faillir ?....
Car par l'entendement seul je n'assure ni ne nie aucune chose, mais je conçois seulement les idées des choses, que je puis assurer ou nier." (cf. Méditations métaphysiques – méditation quatrième).

En effet, il d’agit de l’idée que l’on a des choses.
Hélas, Descartes n’avait qu’une compréhension primaire du monde comparée à la nôtre ; enserré dans le carcan de l'anthropocentrisme, il n'imagina jamais l'homme et les animaux comme d’extraordinaires pôles d’activités de création se déroulant jusque dans leurs cellules et même, jusqu’au niveau quantique, et de ce fait, concernant l'univers entier,
activités de création d'ordre transcendant, dont les idées sont les fruits singuliers.
Son "cogito ergo sum" demeura ainsi, le prélude d'une symphonie inachevée
.
A vrai dire, Descartes (1596, 1650) pouvait-il exprimer toutes ses idées lorsque l’on sait, par exemple, qu’à Toulouse, en 1619, le prêtre et philosophe Vanini Giulio Cesare fut brûlé sur la place publique pour avoir osé proposer une théorie naturaliste qui reconnaissait des liens de parenté entre les singes et les hommes ?

Mais alors, pourquoi les philosophes (et les théologiens) ont-ils de nos jours, si peu créativité ?
La plupart ont perdu tout sens critique vis-à-vis des sciences et sont englués dans les (des) non vérités du moment (le Big Bang, le temps qui commence, le temps qui finira, …).

Rejetons donc ces dérives de l’entendement, en priorité celles qui conduisent à reconnaître les lois universelles, la nature, les organes comme le cerveau et les gènes, la conscience, la culture, ...,
comme des opérateurs dotés de facultés qui permettent de reconnaître, de juger, de choisir, …, in fine, de décider et d’agir,
et méditons à propos des incitations qui nous conduisent à chercher, sans cesse, plus de vérités et plus de savoir.

Ces incitations s’apparentent en effet, à de mystérieuses voix émanant d’un au-delà du réel : le domaine de l’abstraction ; elles sont en outre, théoriquement toutes respectables en raison de leur nature transcendante, ipso facto de caractère divin.

Vous l’avez noté, nous avons nuancé notre propos en précisant "théoriquement toutes respectables" car ce n’est pas parce que toutes ces incitations sont respectables en raison de leur caractère divin, que certaines actions qui en découlent, sont, elles aussi, respectables.
Voici sans nul doute, l’un des grands mystères qui voilent la compréhension de l’implication dans le monde, d’une entité créatrice de caractère divin (de l’implication du Divin).

Pensez aux meurtres abominables qui, sous le couvert de références à Dieu, "émaillent" l’actualité.
Loin de nous cependant l’idée que de tels actes soient imputables aux incitations de quelque esprit maléfique.
Ils attestent tout bonnement, eux aussi, de degrés de liberté qui sont spécifiques en nous, universels dans la matière.
La liberté et ses limites, autre grand mystère !

*
Depuis plus de deux mille ans de grands esprits, à l'instar de Platon et de Sakyamuni, n'ont eu cesse de s'interroger à propos de l'adéquation "phénomènes (réel) - concepts (entendement)".

Problématique ardue puisque notre entendement du monde dépend notamment :
- du caractère relatif de nos repères de valeur (nous jugeons par référence à des bipôles : positif – négatif ; long – court ; haut – bas ; ... ; juste – injuste ; … ; bien - mal),
- d'interactions entre l'observateur et l'observé,
- d'éradications systématiques des perceptions, inhérentes à la structuration des organes sensoriels,
- d'a priori erronés, en particulier ceux qui banalisés à l’extrême, concernent le néant et le temps,
- de vérités suffisantes (de notre époque).

Nous estimons néanmoins, qu’il "existe" des vérités moins relatives, des vérités plus absolues, en particulier celles concernant les références immuables qui sont nécessaires à la dynamique de l'univers, et dont certaines demeurent dans le domaine de l'abstraction des êtres.

Plus précisément, nous croyons en d'imprescriptibles vérités corrélatives d'une nécessité primordiale, par exemple, nous croyons en l'existence au tréfonds de notre intériorité,
- d'un méta système de valeur,
- et de méta logiques qui permettent des interactions immuables, d’ordre transcendant.

Le "réalisme" de ces vérités est notamment attesté, de manière patente, par les évolutions cycliques sempiternelles qui peuvent être exprimées par des lois universelles.
Platon, sensible au monde des idées et des formes éternelles, ne nous démentirait point.

Ainsi, de nos jours, Aristote, en regard de nos extraordinaires connaissances du monde, ne pourrait plus soutenir :
"pour qu'il y ait science (entendement) il faut parler comme un humain".

Quant à Descartes,
en raison des incessantes recherches de la nouveauté qui se déroulent dans nos cellules,
il ne pourrait plus dire que "la faculté de concevoir est d'une fort petite étendue".
Ce n'est pas la faculté de concevoir qui est de fort petite étendue, mais notre entendement conscient et les pouvoirs qui nous sont dévolus au niveau conscient, et ce, bien que nous soyons d’exceptionnels pôles d’activités transcendantes qui concernent non seulement le phénomène de la vie, mais aussi le niveau quantique, donc l’univers.

Hélas, aujourd’hui plus qu’hier, les compréhensions des choses ne sont pas toutes accessibles au commun des mortels, mais réservées aux scientifiques, aux spécialistes, qui utilisent pour les exprimer, des langages de plus en plus ésotériques.
Cependant, ne désespérons point, tout être manifeste une compréhension suffisante du monde adaptée à son niveau de complexité,
un fait essentiel qui ramène à l’inexorable problématique :
pourquoi chercher la vérité ?,
sachant que les recherches, quelles qu’elles soient, ne permettront jamais d'accéder à la connaissance de la "chose en soi" chère à Kant.


En outre, nombre de nouvelles vérités scientifiques bien que puissamment étayées, ne sont pas reconnues par les hiérarchies religieuses car ces vérités incitent à rejeter radicalement plusieurs dogmes religieux fondamentaux.
Or, la plupart de ces dogmes sont fondés sur des vérités d’époques et de civilisations, dont certaines, osons le dire, sont d’évidentes erreurs d’entendement.

Plus grave encore, les responsables de diverses religions tentent en vain, actuellement, de dialoguer en se jetant mutuellement à la face, plusieurs de ces fausses vérités, prétendant qu’elles ont été révélées.
En raison de la grave crise morale que connaît l’humanité en ce début de troisième millénaire, n’est-il pas plus judicieux, voire, impératif, de conduire dans l’urgence, des réflexions plus réalistes et plus ouvertes en choisissant et en sériant les problèmes qui peuvent être discutés de manière raisonnée ?,
car tel est bien la clé de la réussite.

Ces problèmes, par exemple, pourraient être classés en deux groupes, suivant les possibilités de consensus.
Tout d’abord, les problèmes intéressant très directement le vécu quotidien car nous savons que les hommes politiques seuls, ne peuvent plus désormais, assurer avec sagesse les équilibres sociaux ; les religieux (les hommes d’église) doivent être impliqués.
Puis, les interrogations métascientifiques (le terme aristotélicien métaphysique n’a plus qu’une signification historique), philosophiques et théologiques dont les bribes de réponse présupposent une juste compréhension du temps, de la relativité, du sens (avec tout ce qu’implique sa reconnaissance, sa mémorisation et sa diffusion), du domaine de l’abstraction, des activités de pensée (en particulier de l’inspiration et de la révélation), …

Ambitieux programme mais combien noble !


Paul Moyne
http://www.paulmoyne.com

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Connaissances, vérités, erreurs

Started by moyne paul Jan 14, 2008. 0 Replies

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Comment by moyne paul on August 2, 2013 at 10:18am

Que vous suggère cette théorie ?
Paul Moyne
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dieta DUKAN PER

Posted by Jeanett Seale on November 6, 2023 at 8:13pm 0 Comments

En lo personal me gusta mucho esta dieta, tiene practicamente de este mundo. Hay aquellos que recurren a las pldoras de dieta y otras ideas para ayudarse a lograr el peso idela. La forma ms comn de La dieta de tres dias en necesidades diarias de caloras, grasas y nutrientes pueden diferir significativamente de persona a persona dependiendo de la edad, peso, sexo y otros factores.



As que al mantener tu consumo de caloras e incrementar las ests aqu, voy a enumerar lo que se dice qu…

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Remember The Ramifications Of A UK State.

Posted by Yolanda Bruner on November 6, 2023 at 8:12pm 0 Comments



If you're ready to find more info regarding UK Pension Service (Go To This Site) have a look at http://UKPension.co.za

How You Can Watch Watch Programs Online

Posted by Nickolas Caraballo on November 6, 2023 at 8:11pm 0 Comments

Moreover, by watching watch free movies online without downloading or paying at home, individuals can save of transportation, popcorn, furthermore drinks. They are even enjoy smash flicks in good environment where a person's lighting and noise are controlled and simply suited to non-public preferences.



Movie pictures nowadays, are completing different shapes and colours. Centuries back, before the formulation of movies, women and…

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Raspberry Ketone & Fat Loss

Posted by Samuel Dunlap on November 6, 2023 at 8:11pm 0 Comments

raspberry ketone



Consider everything you are going to eat for the entire day. If you realize that you are likely to have a heavy meal later in the evening, make your breakfast and lunch options on the lighter side. Then you will be good eating your dinner, and you will not feel guilty about this.







renowned doctor reveals what works for weight loss -… Continue

Nike Roshe Run Mens Gold Pink

Posted by Fina on November 6, 2023 at 8:10pm 0 Comments

Common Engines as well …

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Hyderabad Moving Agencies – How to locate Proper One

Posted by Sanjeev Saxena on November 6, 2023 at 8:10pm 0 Comments

There are several expert transferring firms as well as packers along with movers within Hyderabad who is able to always be helping mitts ones diverse new house purchase desires. I suggest you pick the best one which properly caters the needs you have, choices as well as finances. You will need to select the right 1 which is not simply very affordable and also trustworthy, encountered, covered with insurance, signed up plus much more notably trusted. Nevertheless finding out there the most…

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